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AWANA AFRICA

La grande majorité des organisations de la société civile ont des programmes ambitieux pouvant avoir un impact réel aussi bien sur leurs communautés respectives que sur leurs membres. Aujourd’hui, de plus en plus, les agences de financement et les grandes institutions à programmes multiformes, comme l’Organisation des Nations Unies, comptent sur les mouvements associatifs pour la mise en exécution des programmes communautaires. Dans cette dynamique, les problèmes récurrents restent cependant l’absence, dans le mouvement associatif, de capitalisation des initiatives mais aussi la nature informelle qui caractérise la gestion des projets. La gestion informelle des associations constitue l’une de ces plus grandes faiblesses. La rigueur dans la gestion nous semble dictée par les partenaires bailleurs car les associations n’ont pas toujours appliqué cette même rigueur dans le cadre de la gestion de leurs ressources propres ou des subventions accordés par l’Etat. De cette faiblesse il découle des limites quant à l’accès à certaines sources de financement et particulièrement celles des ONG et Institutions du Nord.

En définitive beaucoup d’associations travaillent sans l’adoption et le respect strict de manuels de procédures. L’environnement associatif souffre beaucoup de cette absence d’outils de gestions car une bonne partie de ces membres et même des dirigeants érigent des barrières, d’une manière consciente ou pas, à toutes tentatives de formalisation de la gestion des structures. Aussi le mode de prise de décision, se fondant sur le principe de la collégialité, a-t-il tendance à installer un obstacle incontournable à toute innovation dans la gouvernance économique tout comme dans la gouvernance politique. Le mouvement devient conservateur et se limite à reproduire les mêmes activités avec la même équipe dirigeante. Au niveau opérationnel, la taille très réduite du personnel bénévole avec une faible qualification ne cadre pas souvent avec les besoins d’exploitation des associations et ce personnel après quelques années de collaboration leur permettant souvent de bénéficier de programmes de renforcement de capacités a tendance à migrer vers d’autres structures où ils peuvent développer des plans de carrières. Le niveau de développement institutionnel de leurs organisations de départs ne peut pas leur offrir la sécurité de l’emploi.

Plus généralement, les problèmes liés à la démocratie interne, à la transparence, au genre et aux relations conflictuelles entre le personnel et leurs directions, empêchent souvent l’évolution des mouvements associatifs. Très vite, les mouvements sont atteints de crises internes qui gênent beaucoup les agences de financement. Ces crises constituent un frein à tout financement additionnel qui pourrait raviver les tensions internes et remettre en cause la mise en œuvre des projets. A l’inverse, une bonne gouvernance économique ou une bonne gouvernance politique des organisations les place sur le chemin vertueux du renforcement institutionnel et du développement durable. Ainsi, les mouvements associatifs génèrent du fait de leur parfaite organisation, toute une série d’activités permettant d’absorber les primo demandeurs d’emplois, qui sont estimés à près de 500  000 au Sénégal, ou les diplômés chômeurs dans le secteur formel. Les ONG et les autres mouvements associatifs représentent ainsi une réelle solution sociale pour le premier emploi des jeunes en particulier et la réduction du chômage en général. C’est pourquoi ce secteur mérite un appui professionnel et une attention particulière.

Aujourd’hui, on assiste à l’émergence de nouveaux défis complexes et transrégionaux en Afrique de l’Ouest et au-delà. D’une part ces défis dépassent les frontières de la sous-région pour s’étaler aux pays voisins de l’Afrique Centrale. D’autre part, ces défis, pour la majorité, nommée terrorisme, prennent appui sur les cendres des institutions fragilisées des pays du Maghreb. Ainsi, l’analyse des nouveaux défis à la paix et à la sécurité en Afrique de l’Ouest y compris la définition des réponses à y apporter, aussi bien les méthodes que les pratiques classiques jusque-là utilisées, requièrent une nécessaire révision et modification à l’effet d’une meilleure adaptation. A ce caractère transrégional de ces défis, il convient d’ajouter la sofistication des moyens utilisés par les organisations et groupes criminels qui les animent. Ceux-ci utilisent les moyens légaux de la communication et de la technologie y compris les sensibilités ethniques, culturelles et religieuses en vue d’une exploitation des failles de la gouvernance locale et communautaire. Par conséquent, la propagation rapide de leurs activités illicites de l’Afrique de l’Ouest vers le Centre ou encore du Sahel vers l’Occident, interpelle au sujet des conséquences à long terme de leur implantation locale et communautaire dans les périphéries défavorisées et délaissées des pays de la région et des régions voisines. Au surplus, le recrutement massif ou encore l’adhésion massive de jeunes et de femmes souvent diplômés ou professionnellement intégrés, au sein de ces mouvements seraient de nature à remettre en cause les réponses apportées par la société civile dans la lutte contre la pauvreté. De même, cette situation interroge sur la nécessaire réflexion approfondie sur les impacts et les effets multiplicateurs escomptés des appuis des partenaires au développement face à ces défis émergents.

AWANA concentre ses efforts sur l’Afrique de l’Ouest  pour entreprendre de la recherche, organiser des séminaires et ateliers de renforcement de capacités, publier des manuels et autres outils de travail. Elle se positionne aussi sur le marché de la consultance pour les Agences de financement, les ONG ou les organisations de la société civile. Aujourd’hui la question du renforcement des capacités des acteurs étant pluridisciplinaire, elle ne saurait se régler qu’avec la mise en synergie de plusieurs compétences et un bon niveau de connaissances des réalités socioéconomiques et culturelles de la région Ouest africaine. C’est dans cette perspective que AWANA rassemble des expertises diverses pour venir en aide aux mouvements associatifs et aux ONG soucieuses du renforcement de leur crédibilité et de leur consolidation dans leur secteur d’activités respectifs. Voilà ce qui justifie notre projet de création de l’ONG AWANA qui devra se développer avec la mise à contributions de consultants en fonction de notre niveau d’affaires et l’utilisation de l’expertise constituée par ses personnes ressources membres fondateurs de l’association.

La mission et les objectifs : La mission d’AWANA est d’apporter aux associations de base et aux organisations non gouvernementales des pays de l'Afrique de l’Ouest un appui et des conseils en organisation. AWANA fournit des compétences et des connaissances nécessaires à la consolidation de structures institutionnelles. Elle contribue aussi au renforcement de leurs capacités opérationnelles et elle agit comme une interface entre les bailleurs de fonds et la société civile. Aussi entreprend-t-elle la recherche, l’édition et la diffusion dans divers domaines.